Me voila devant toi, si profond et si vide
Sans mot et sans voix, ferme, et je te guide,
Chacun m'a donné un ton, une voix,
un souvenir de passant
Un parfum laissé en un si court instant
Une poésie soufflée, d'une mélodie étouffée...
Je suis là, juste pour toi, on ne me nomme pas,
On ne m'appelle pas et pourtant, je reste là
Si fidèle à ce passage incessant de visites a toutes heures
Je reçois tout de toi, molto sous un papier de douceur...
La purge a trou d'fion
Voila mon nom, mon insigne qui brille de blanc cuvette
Ma raison de t'accueillir ainsi chaque fin de fêtes
Quand titubant, tu divagues difficilement à mes pieds
Fixant les méandres de mes tuyauteries, tu gerbes et tu ries
Ouais tu ries, je te soutiens l'ami, encore cette nuit
Tu reviendras poser ta philosophie noctambule,
Vider tes litres de bulles
Ces milles douces folies qui font de toi un sauveur de chacun,
Qui ne sauverait ni lui ni rien, en cette nuit déjà tu t'sens si bien ...
Alors viens,
Viens, si tu ne m'entends pas, parles moi,
Livres tes larmes, et repose toi sur moi, comme toi j'ai si froid
Si froid, déjà blême et blanchis avant toi, je reste là
J'écoulerais alors tes soucis, tes moindres problèmes ...
La purge a trou d'fion
Du tampon aux morpions, qui m'aurait préparé a l'appréhension
Vous voir ainsi chaque jour, de haut en bas comme toujours
Sentir vos jambes mal posées, s'abattrent sur mes flancs glacés
Entendre vos peines et votre joie, comme personne ne les entendra
Je suis là, seul à entendre la lamentation du cocu
Ruiné d'amour et déjà presque pendu,
Seul a pouvoir livrer des répétitions de déclarations improvisées,
Des monologues comblés de vides et de fausses vérités.